Dans une pénombre masquant ses traits et dévoilant seulement sa silhouette et celle de sa guitare, Anna Calvi débute avec l’envoûtant « Hunter », titre phare de son nouvel album. On est immédiatement happé par son jeu de guitare old school et sa voix puissante et magnétisante.

Comparée à PJ Harvey ou St. Vincent à ses débuts, la rockeuse britannique d’origine italienne a confirmé les attentes placées en elle à travers ses trois albums, dont le dernier est paru en novembre 2018. Composé de morceaux plus rock ‘n’ roll comme « Indies or Paradise » et « As a man », qu’elle nous interprète avec brio, « Hunter » confirme sa montée en puissance et l’érige comme l’une des grandes rockeuses des années 2010.

Sa voix tour-à-tour langoureuse, chuchotante, intransigeante est capable de monter très haut dans les aiguës et son style toujours au bord de la rupture captive le public. Hypnotisé, il se recueille sur les magnifiques « Eden », « Away » et « Swimming Pool », également extraits de son dernier album. L’acoustique impeccable de la salle Pleyel et la profusion de nappes de synthés et de guitares magnifient le timbre de la chanteuse.

Après nous avoir susurrés des ballades au creux de l’oreille, Anna Calvi revient à un rock plus traditionnel. Elle se déchaîne sur l’espiègle « Don’t beat the boy out of my girl » où elle affirme son engagement pour une société libérée des codes du genre et de la sexualité. Dans un clin d’oeil peut-être volontaire, son ombre insaisissable se reflète sur les parois de la salle, faisant admirer son jeu félin.

Après la reprise moderne et enflammée de « Jezebel » en version rock du légendaire Frankie Laine, elle achève sa prestation devant un public conquis avec le bowiesque « Desire » et l’atmosphérique « Ghost rider » (reprise de Suicide).

La salle Pleyel et son public auront vibrés, transportés par le rock puissant et intime d’Anna Calvi et éblouis par son aura et sa franchise. Une artiste qui s’assume et se fait plaisir, on est comblé.