Boiler Room rap épisode II ; La Nouvelle Vague.

La nouvelle est tombée le 4 février dernier en fin d’après-midi sur la page FB de l’EKO Club, relayée par de nombreux sites ; le Boiler Room récidive dans sa configuration rap pour la seconde fois à Paris.

L’affiche dévoilant douze noms de la scène rap actuelle est illustrée d’une estampe japonaise représentant un personnage vêtu d’un kimono floqué de la marque aux trois bandes. Le ton est donné et le bar à saké prend des airs de Bloc Party le temps d’une soirée… Qu’il s’agisse de musique électronique ayant assise une réputation confortable à l’institution londonienne ou de musique rap, la recette demeure la même : une sélection rigoureuse d’artistes ayant le vent en poupe. Ces  artistes d’horizons divers s’efforcent de  créer dans un huis clos une ambiance intimiste captée par plusieurs caméras diffusant la performance sur différentes plateformes de streaming.

Le rendez-vous est pris le 7 février aux Grands Boulevards, rue Saint Fiacre. Au numéro 14, l’EKO Club  nous accueille dans une salle aux allures de galerie d’art. De larges colonnes diffusent en boucle un docu retraçant l’épopée de la première Boiler Room rap. Sur des canapés sont avachies quelques têtes de l’underground parisien, observant une faune hétéroclite s’engouffrant au sous sol où les brouhahas mondains laissent place aux vibrations grasses crachées par les speakers. Au sous sol, le warm up est assuré par Twinztrack et NXXXXXS qui se succèdent derrière les platines, assurant ainsi un set de rap américain aux accents sudistes. La musique s’interrompt quand le maître de cérémonie introduit la première performance de la soirée.

LA GO distille des couplets saccadés sur des intrus trap pendant une demi-heure, ne reprenant son souffle que lorsque les morceaux s’achèvent. La performance est audacieuse, la rappeuse semble à l’aise avec l’exercice, se faisant backer timidement par un public qui commence à s’épaissir… La prestation s’achève sous les applaudissements, le collectif Bon Gamin se prépare à entrer en lice.

Loveni et Yan Ichon croisent le fer le temps d’un morceau, Myth Syzer, présent lors de la première édition, passe derrière les platines et repart aussi vite ; le groupe est attendu dans la même soirée sur la scène de la Maroquinerie à l’occasion du Future Festival.

Sianna fait son entrée en scène fendant la foule accompagnée de son backer. Introduite par le maître de cérémonie, la jeune rappeuse se présente à la foule avec un physique discret, balayant d’un regard une salle comble au travers d’une paire de lunettes aux montures épaisses. Le public observe la scène d’un air circonspect, les premières mesures d’une instrumentale aux accents soviétiques sortent des enceintes, Sianna se saisit du micro et rafale l’auditoire avec la cadence d’une arme automatique. Les morceaux s’enchaînent sans jamais se ressembler, l’aisance au micro de la jeune MC de 19 ans électrise la foule. La demie heure fatidique sonne, Sianna achève sa session un sourire pendu aux lèvres mêlant surprise et satisfaction, faisant face à un public conquit qui scande son nom ; quelque chose vient de se passer au 14 rue Saint Fiacre.

Eff Gee épaulé par l’Entourage, fortifiés par une solide expérience scénique, parviennent à maintenir la pression. Le public est réceptif et reprend en chœur les refrains des morceaux issus du premier album du collectif. Les aiguilles tournent et il est de plus en plus difficile de se frayer un chemin ; le groupe que l’on pourrait considérer comme le main event fait son apparition.

La MZ démarre avec Bratatata, déchaînant la plèbe, les différents couplets des quatre comparses signés sur KDBzik  s’enchaînent pendant une demi-heure face à une foule galvanisée. La Mafia Zeutrei conclut le show par son morceau phare, Lune de fiel, un hymne au chill et au plaisir de la chair.

La soirée se termine avec les performances successives de Georgio, Dinos Punchlinovic, 3010, et Spri noir avec un rap  laissant moins de place à l’entertainment, mais qui a su trouver écho dans la foule de l’EKO Club. Les lumières s’allument, la foule remonte à la surface, la soirée s’achève.

C majuscule