Vendredi soir, dans l’ambiance détendue du Hasard Ludique, un quintet belge est fortement attendu par un public de fin connaisseur. Il est 21h, et les 5 membres de Boogie Belgique débarquent enfin sur la scène. Emmené par Oswald Cromheecke, qui a créé le groupe en 2013, Boogie Belgique s’est progressivement agrandi. Il se compose désormais de Ambroos De Schepper (saxophone), Cedric Van Overstraeten (trompette), Martijn Van den Broek (batterie) et Aiko Devriendt (synthés et piano).

« Smile » ouvre le concert avec fracas. Mélodie entêtante et rythme trépidant, atmosphère enivrante : toute l’âme de Boogie Belgique est déjà là et ça ne fait que commencer. Puisant principalement dans les tubes de « Volta », leur dernier album qui date déjà de 2016, le groupe monte tranquillement en puissance.

Le public se régale sur « Need somebody », avec un accompagnement très inspiré à la flûte traversière. Leurs vieux samples dépoussiérés nous font ressentir d’emblée une bouffée de nostalgie euphorisante et une sensation de bien-être.

Le délicieux « Go slow » où trompette et saxo se répondent avec brio, nous offre en toile de fond un paquebot flottant sur l’eau. Durant tout la durée concert, la prestation de Boogie Belgique sera accompagné par des animations nomades projetées sur écran, dans un style mélangeant rétro et moderne, à l’image de leur musique.

Le groupe a bien évolué depuis ses débuts et de nombreux morceaux provenant des premiers albums du groupe sont revisités. Une partition plus importante est accordée aux cuivres et à la batterie comme sur « Dance with the democrats » et « Forever & ever ».

Boogie Belgique séduit avec ses beats entraînants et bien travaillés, Oswald Cromheecke derrière son ordinateur et ses platines semble s’éclater en admirant les solos de ses camarades.

Leurs classiques continuent de défiler avec fluidité avant de céder la place à des morceaux extraits de leur dernier EP « Prelude to the Machine », paru la veille du concert. Moment de découverte et autant dire qu’on a été séduit par « Pax », « Kiomi » et « Chicago ». A la croisée des samples traditionnels du groupe et d’un soupçon d’electro plus poussé, les nouveaux venus ont enflammé la salle.

Dernière surprise réservée avec l’apparition de la chanteuse Emily Van Overstraeten pour interpréter plusieurs titres et notamment le superbe « Every time » où sa voix enchanteresse évoque à la fois  douceur et force, langueur et réserve.

Sous les vivats et les acclamations ininterrompus, les belges n’ont d’autre choix que de revenir sur scène. Ils réinterprètent un de leur tout premier titre « The little white duck », remodelé dans une version plus electro que le public chauffé à blanc accompagne.

La foule en délire continue de scander leur nom mais ils ne reviendront malheureusement pas et on les retrouvera quelques minutes plus tard en train de savourer une bière bien méritée en terrasse. Avant de poursuivre leur tournée en compagnie de Poldoore, qu’on retrouvera vendredi prochain également au Hasard Ludique, et de se remettre au travail sur leur nouvel opus « Machine » prévu à l’automne.