Cette année, pas moins de 228 000 festivaliers, 35 000 campeurs et 270 groupes et artistes sont venus déclarer leur amour pour “Doureuuuh” sur le site de plus de 100 hectares. “Il y a un pays qui est Dour, on s’y retrouve cinq jours par an, et on a un cri de guerre” nous disait Mathieu Fonsny, programmateur du festival.

 

Music Sounds Better Live revient sur cette 27e édition du Dour Festival.

© Urban Mythology / MusicSBL

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Au jour le jour  

Le Dour festival, qui a la réputation d’être joyeusement désorganisé, sait limiter la dose d’ambiance roots tolérée par la majorité d’entre nous. Des files d’attentes rapides à la gestion du papier toilette, en passant par l’absence de mouvements de foule angoissants sur le site, les quelque 47 000 festivaliers journaliers avaient même la place de se trémousser devant la plupart des concerts.

Certes, on a grincé des dents en réalisant que les douches du camping étaient payantes. Et oui, trouer notre porte-monnaie pour un steak errant en solitaire entre deux morceaux de pain nous a fendu le coeur. Mais aucun de ces petits tracas n’a fait pencher la balance du côté de la déception.

 

 

 

 

 

Quand la musique est bonne

On le savait, à Dour, il y en a pour tous les goûts et chacun semble effectivement y avoir trouvé son compte musical. On a même encore du mal à redescendre de l’excitation provoquée par le panel d’artistes présents jour et nuit du mercredi au dimanche. D’ailleurs, avec un tel line-up, rien n’empêchait de danser à 15h comme au beau milieu de la nuit, ce qu’ont su prouver Rangleklods et débruit. On vous le confirme, par tous les temps, les nuits de Dour sont plus blanches qu’une Hoegaarden.

Cela dit, impossible de fermer les yeux sur les quelques malencontreuses fausses notes de cette édition. D’abord, il semblerait que deux des têtes d’affiche aient préféré prendre leur temps: Mademoiselle Lauryn Hill est arrivée avec une demie-heure de retard. Snoop Dogg, lui, a disparu de la scène au bout de 35 petites minutes. On a préféré rejoindre en vitesse Le Labo, coffre-fort du festival en termes de trouvailles musicales. Autres contrariétés rencontrées: la qualité acoustique parfois douteuse de la main stage (The Last Arena).

Tous comptes faits, Dour, c’est un véritable ascenseur émotionnel artistique, les montagnes russes des genres musicaux. On en revient avec le sentiment intime que l’on a vécu des moments un peu privilégiés, un peu historiques.

Alors l’an prochain, prévoyez boules Quiès et vitamines C car le Dour s’étendra de nouveau sur cinq jours. Les paris sont déjà lancés sur les bijoux de la future programmation, et le décompte jusqu’au 13 juillet 2016 a commencé

Découvrez ci-dessous notre Top/Flop du Dour festival :

 

 

 

 

 

LE TOP
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Nils Frahm
Aussi proche de la musique classique que de la musique électronique, le travail de Nils Frahm se démarque autant par sa délicatesse que par sa vigueur. Le concert du pianiste a fait l’unanimité.


Rone
En plus d’être généreux, Erwan Castex maîtrise l’intensité avec brio. Son set est aussi dense que dansant: un sans faute.


La Smala
Les « vrais mecs de Bruxelles » mettent de côté nostalgie et inquiétudes pour leur représentation live. Dans le public, on saute et on crie en cœur « Ceci n’est pas un hold-up » et autres « Tu dis pas non ». Le rap français n’a qu’à bien se tenir.

The Drums
Des paroles morbides dignes des Smiths, du surf, des histoires de cœur ratées… Jonny Pierce se déhanche en veste à paillettes dorées en chantant des morceaux aussi déroutants qu’émouvants. C’est un show drôlement paradoxal que propose le groupe américain. On en est revenus un peu sonnés.


Tiken Jah Fakoly
Le pape du reggae roots engagé n’a rien perdu de son énergie et de sa détermination. Accompagné de musiciens et de choristes hauts en couleur, il offre un spectacle d’une gaîté qui réchauffe les cœurs.


BRNS
Décidemment, on ne regrettera pas d’avoir plongé dans l’univers musical belge. Les bruxellois de BRNS (prononcez « Brains »), dont le batteur est également la voix du groupe, jouent un rock oxydé et sensuel qui nous a convaincu en moins de deux.


Jon Hopkins
Les ondes électroniques de Jon Hopkins, tantôt floues, heurtées ou étouffées, sont inimitables. Le set du britannique ne connaît pas ces fameux « drop » aux retombées radicales, mais plutôt des remous subtiles tout à fait prenants. On aurait bien tangué encore quelques heures.

https://www.youtube.com/watch?v=ArSsRYYKnck

Siriusmodeselktor
L’immanquable trio a réussi son pari. Pas surprenant de la part du ménage à trois le plus attendu du festival.


Al’Tarba & Dj Nix’on
Un surprenant mélange de musique de films d’horreur et de mélodies venues du siècle précédent auquel on a accroché immédiatement. Les deux artistes auraient presque réussi à nous faire danser la break-dance sur leurs mystérieuses compositions!


Danny Brown
Danny Brown semble avoir avalé autant de classiques de la pop que du rock et du rap. Issu d’une nouvelle scène hip-hop qui se veut hybride avant tout, les rimes du rappeur déluré valaient définitivement le détour.


© Urban Mythology / MusicSBL

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LE FLOP
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Snoop Dogg
Un show minuscule, réduit à quelques morceaux en play-back et à des reprises en tous genres (“P.I.M.P” ou “I love rock’n’roll”). La police aurait empêché le rappeur de remonter sur scène après qu’il y ait allumé un joint. Info ou intox, on se serait parfaitement privés de ces 35 minutes de canular.
Mrs. Lauryn Hill
Une demie heure, c’est le temps que la chanteuse a mis pour se montrer au grand jour. C’est aussi le temps qu’il lui a fallu pour se lever de son tabouret et enfin remotiver les troupes qui s’éloignaient sous la pluie.
Flume
On a été déçus par son set déjà entendu auparavant et légèrement avachi. Ses visuels absolument fascinants n’ont pas suffi à nous persuader de rester.