Music Sounds Better Live a rencontré Dream Koala pour parler de son projet et de sa relation avec la musique live.

 


Combien de fois on t’a demandé d’où venait ce nom scène?
(Rires) On a dû me le demander une bonne trentaine de fois. Tout le temps je crois, enfin presque.

C’est quoi l’histoire du projet alors ?
Je cherchais un pseudo pour faire ma musique, rien de vraiment sérieux, j’avais 16 ans.
Je suis un grand fan d’Animal Collective, Gold Panda, Panda Bear… donc j’ai choisi le koala, j’aime bien cet animal, il dort tout le temps. Et donc Dream pour la connotation mystique. Plutôt simple en fait.
J’avais commencé par la guitare vers 13 ans, ça fait un moment quand même… je ne pensais pas. Puis j’ai fait du chant, c’est venu comme ca, instinctivement.

Tes premières expériences Live ?
Le premier concert du projet Dream Koala c’était à la Favella Chic. À l’époque, les seules fois où je sortais c’était pour aller voir d’autres groupes jouer. Mais j’allais pas du tout en boite pour écouter de la musique électronique, j’étais beaucoup trop jeune. Ça n’a pas vraiment changé d’ailleurs, si je sors en club c’est pour jouer, je ne sors pas vraiment, j’aime bien rester chez moi.
Mon 2ème concert était à Berlin au Marie Antoinette, une salle de concert un peu cachée près du fleuve la Spree, avec Dam Menton, Girafe Age et XXYYXX.

Et les dreads, ça fait combien de temps ? Ce sont des vraies ?
(Rires) Ouais bien sûr, j’en ai toujours eu. Celles-ci datent du lycée, une grande histoire.

Une salle de concert que tu aimes ?
Le Nouveau Casino. Pour son sound system et sa programmation. J’ai jamais été déçu.

Qu’est-ce-que tu écoutes sur ton iPod en ce moment ?
En ce moment j’écoute Nothing, un groupe de rock californien. Sinon j’aime bien Léo Ferret, Georges Brassens, j’essaye d’écouter de tout.  Et aussi la musique du manga Ghost in the Shell, c’est vraiment un truc que je recommande.

Un festival que tu aimerais faire ?
J’aimerais bien aller au Coachella, ça m’a l’air vraiment cool, c’est grand, il fait beau, il y a toujours des line-up de dingue et de grosses têtes d’affiches.

Un festival prohibé ?
Tomorrowland. La musique, je ne pourrais pas… Mais c’est vraiment impressionnant… je crois que je ferais une crise cardiaque.

Une bonne expérience en festival ?
Récemment j’étais à Montréal pour le Osheaga. Il y avait Outkast, London Grammar, Lorde aussi ! C’est super, les gens sont vraiment cool à Montréal.

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Quelles sont tes influences musicales ?
J’aime beaucoup Jeff Buckley, James Blake, Animal Collective… Beaucoup de rock psyché, et bien sûr les Pink Floyd que j’adore. Je crois que je les écoute presque tous les jours. Je suis aussi un grand fan de Black Sabbath.

« Je m’inspire plus de films que de musique. »

De quoi t’inspires-tu quand tu produis tes chansons ?
Je  m’inspire plus de films que de musique. Le cinéma, c’est une sorte de super art où tu peux tout mettre dedans. De la musique, une histoire c’est un mélange de tableaux, de livres, d’albums… le tout mélangé dans une seule œuvre. Le film L’odyssée de l’espace, c’est vraiment un truc qui m’inspire tous les jours, pour moi c’est un des meilleurs films.

Les groupes fétiches ?
Pink Floyd, Cocteau Twins aussi ! Des précurseurs du style ambient comme the XX, Tangerine Dream également, My Bloody Valentine… Globalement du rock psyché un peu new age.

Une petite pépite récente ?
Le dernier album de Bjork sorti en janvier dernier est magnifique.

Quel est ton processus de production ?
Je commence par la guitare car c’est l’instrument dans lequel je suis le plus à l’aise, je trouve les accords et ensuite je passe sur Ableton. J’essaye LogicPro parfois. Mais j’aimerais bien jouer du piano !

Et en live ?
Je prends ma guitare, je chante et j’ai ajouté un peu des percussions récemment. Avec mon ordi j’essaye d’improviser de temps en temps, tout en essayant de ne pas faire des trucs trop mécaniques.

Le public t’influence-t-il quand tu te produis en live ?
En live, étant donné que je chante et joue de la guitare en même temps, je ne regarde pas trop ce qui se passe dans la salle. Mais mon public est plutôt silencieux. Je crois qu’il m’écoute en fait.

« C’est plus difficile de jouer dans des petites salles. »

Comment appréhendes-tu tes lives ?
Je suis de nature plutôt tranquille, je ne suis pas trop stressé avant de jouer.
Mais je trouve que c’est plus difficile de jouer dans des petites salles, car tu vois vraiment chaque personne. Pour moi jouer devant 80 personnes c’est beaucoup moins difficile que de jouer devant 8 personnes. Quand il y a beaucoup de monde, le public se laisse plus aller, les gens se lâchent et paraissent heureux, alors que dans une petite salle, chaque personne se regarde, les gens n’osent pas trop bouger… Donc c’est vrai que je stresse un peu quand je joue dans des petites salles.

« Si tout le monde aimait ma musique, ça voudrait dire qu’elle serait fade, sans réelle identité. »

Que dire à la personne qui n’aime pas ta musique ?
Il y a des gens qui aiment, d’autres non. On ne peut pas en vouloir à la personne (rires) mais si des gens aiment, il y a forcément des gens qui détestent, et je trouve ça cool, ça veut dire que la musique a une personnalité. Si tout le monde aimait ma musique, ça voudrait dire qu’elle serait fade, sans réelle identité.

« La musique permet de faire passer des messages plus efficacement. »

Des messages dans ta musique ?
J’essaye oui. Parce que la musique permet de faire passer des messages plus efficacement. Je trouve qu’un message qu’on transmet via la musique va plus toucher les gens que dans une discussion. Quand j’écoute des chansons avec un texte, si la musique me plait, je vais me souvenir des paroles, y réfléchir, et je pense que c’est plus susceptible de me changer en tant que personne que si j’ai une discussion avec quelqu’un.

Me concernant, rien de très nouveau, des messages de paix, de solidarité, de liberté… Quand j’étais ado, j’écoutais la musique aussi en fonction des messages des artistes, c’était des modèles, je trouve ça important.

Un artiste/groupe avec qui tu aimerais travailler ?
Un trompettiste pas très connu, John Hassell qui met des effets sur sa trompette, c’est assez unique, ça donne un style jazz tribal électronique. On dirait une sorte de tribu extraterrestre.

Et un groupe de rock expérimental ambiant norvégien : Ulver. Le chanteur a une voix que j’aime beaucoup.

 

 

 

 

Un style que tu aimerais explorer ?
Je me vois bien faire du jazz plus tard. En fait, je compte m’éloigner un peu de la musique électronique et faire de la musique encore plus instrumentale, un peu plus humaine et spontanée.

Pour toi le futur de la musique électronique, c’est quoi ?
J’imagine bien des trucs à l’image de la pop culture en général. Des trucs plus compressés, plus rapide. J’imagine bien un format de 40 secondes, du genre super extrême,  très fort, très court, un peu comme une pub. Si on regarde l’évolution, jusque-là,  avec l’EDM et tout, c’est devenu plus violent, ça sonne super compact.

Des talents cachés ?
J’aime bien dessiner, mais c’est pas terrible. Dessiner en soi oui, mais après dès qu’il faut mettre des couleurs j’y arrive pas. J’aimerai bien faire une bande dessinée un jour, qui irait avec un album pourquoi pas, en coffret cadeau à la FNAC (rires).

Si tu n’avais pas fait de la musique ?
Si je n’avais pas fait de musique, je ne vois pas ce que j’aurais pu faire… (rires) … peut-être des films. Pour réaliser le clip Odyssey (par le duo parisien Fabulous), on a échangé des dessins, des idées. Ça m’a plu.

La suite pour toi c’est quoi ?
J’étais en studio dernièrement pour enregistrer. Mais je sais pas encore si ça sortira sous forme de single, d’EP, d’album… Je mets des morceaux de côté et on verra. Je ne suis pas signé, donc je n’ai pas d’impératifs, je peux vraiment prendre mon temps pour écrire.
La suite, c’est écrire, dormir, comme un koala.

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Pour toi, « Music SoundsBetter Live » ?
Oui, carrément. C’est physique quand tu vas voir un groupe, un dj. Le fait que ce soit fort, tu le ressens sur ton corps, des ondes physiques font bouger les cellules de ton corps.

C’est plus intéressant. Tu vois les imperfections de l’artiste, le côté humain, les p’tites fausses notes, les amplis qui soufflent… des choses que tu n’entends pas dans les albums mais qui fait vivre le truc. En tout cas, je pense vraiment que c’est mieux.

Je devrais sortir plus souvent.

 

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