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Le festival de Marmande, Garorock, peut se féliciter d’avoir atteint cette année l’ampleur des festivals les plus réputés, comme celui de Rock En Seine.

“Avec cette 19ème édition, on a battu un record en accueillant 80 000 festivaliers. On est très contents, et on les remercie.”

On connaît les difficultés météorologiques qu’a rencontrée l’organisation du festival lors de la dernière édition. Cette année, outre le manque de zones ombragées dans la Plaine De La Filhole, on regrette les problèmes techniques provoqués par les bracelets électroniques Garocash, “Mais”, nous répond l’un des programmateurs, “quand tu t’engueules avec ta femme, tu la quittes? Non, nous on entend améliorer la vie des festivaliers, c’était le but de cette innovation et on veut trouver des solutions.” Qu’à cela ne tienne, on dirait que cette fois-ci, Garorock a enfin fidélisé les mélomanes du Sud-Ouest.

Il faut dire que le festival se tient à dix minutes du centre ville de Marmande. Un compromis idéal pour le public: aucune sortie n’est définitive. Autres bons points: les parisiens tentés de faire partie de l’aventure seront ravis d’apprendre que l’on peut se restaurer sur le site pour environ 5€ (burgers, burritos, hot dogs, nourriture du monde, spécialités locales, etc.), et on trouve dans l’espace camping un stand-supermarché ouvert 24/24h.

Car là-bas la musique n’a pas de fin, elle résonne depuis les trois grandes scènes du festival jusqu’au Red Bull Boom Bus qui échauffe les festivaliers dès le matin. Les nuits sont courtes. Dès le lever du soleil les festivaliers n’ont qu’un seul mot d’ordre: “l’apéro”. Autant dire que le groupe Massilia Sound System a rencontré un franc succès avec sa distribution inédite de pastaga en plein concert! Vers 11h, alors que la chaleur devient assomante, les festivaliers sont étendus sous les arbres autour du terrain de Garofoot, des canettes de bière à la main. Et ceux qui essayent tant bien que mal de rattraper quelques minutes de sommeil courrent le risque d’être réveillés par la reprise de Patrick Sébastien qu’entame gaiement la fanfare qui déambule entre les tentes…

Le soir, pendant que les concerts s’enchaînent, “garozbeul” ! Peut-être en réponse aux sandales rouges d’A$AP ROCKY, Jacob Hemphill (bassiste de SOJA, NDLR) porte un t-shirt siglé “ASAP”, Christine, elle, chante “I think u freaky”, The Avener remixe Ain’t no mountain high enough, Salut C’est Cool saute dans tous les sens devant des piscines gonflables et des palmiers en plastique, et les Brigitte nous font verser une larme entre deux déhanchés paillettés.

“C’est plus qu’un festival, c’est une marque » souligne un responsable. Pourtant Garorock n’a pas grand chose d’un coup de marketing pour la région. On se refuse à programmer  des artistes taille Rolling Stones pour que les autres ne se sentent pas exclus. Ainsi la mission principale, proposer une “programmation belle et homogène” semble avoir été accomplie. On peut déjà vous dire que les 20 ans de Garorock se fêteront avec humilité et flots de pastis après le BAC 2016…

 

 

Crédits photos :
© Juliette Lopes, Nicolas Jacquemin et Arnaud Andre / La Clef