Venu nous présenter son troisième opus « The Colours you See » au Duc des Lombards, Gauthier Toux a fait le choix d’une démarche originale, en cherchant à transmette sa perception des couleurs en tant que daltonien, un statut souvent difficile à expliquer aux néophytes. Démarche métaphysique mais qui se ressent quand même à l’écoute des sons du jeune lauréat du Concours National de Jazz de la Défense en 2016.

Accompagné par le batteur suisse Maxence Sibille et par le contrebassiste danois Kenneth Dhal Knudsen, rencontrés durant ses études à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, Gauthier Toux et son trio prennent de l’épaisseur d’années en années et ont déjà publié trois opus.

Après un début de concert légèrement retardé pour cause de cravate disparu, les trois acolytes entrent sur scène et installent dès le premier morceau « Rising days » leur style transcendent et posé.

Inspiré par le groupe israélien Avishai Cohen Trio le Texan Robert Glasper, Gauthier Toux Trio s’aventure au gré de ses pérégrinations sur les terres de Mammal Hands ou d’autres groupes plus contemporains, tout en conservant ce classicisme qui fait les grand groupes de jazz.

Sur l’introspectif « Enlightened darkness », les instruments des trois musiciens prennent avec vie avec une grâce et une légèreté bouleversante. Chaque morceau du groupe est parfaitement équilibré, alterne les temps faibles et forts de manière millimétrée et les jeunes artistes font preuves d’une très grande maturité.

Durant 1h20, Gauthier Toux Trio nous a fait oublier les giboulées printanières et la banalité du quotidien par son son exquis et d’une justesse permanente. Un trio qui, si il continue dans cette direction, est promis à une grande renommée sur la scène internationale jazz.