Le Trabendo accueillait le 13 mai dernier le groupe leader du space rock et du rock progressif, God is an astronaut, qui a réussi, en quelques années, à s’imposer aux côtés de Mono, This Will Destroy You ou encore Explosion in the Sky. Le groupe irlandais, réunissant les frères jumeaux Kinsella (Torsten à la voix et aux claviers et Niels à la basse et à la guitare), Lloyd Hanney (batterie, synthétiseurs) et Jamie Dean (piano, clavier), est revenu sur la scène parisienne nous jouer les morceaux les plus emblématiques de ses 8 derniers albums.

La formule est reconnaissable: montées en puissance, ensemble planant, enrichi de sons de synthétiseurs et de basse. L’aspect épuré des morceaux est façonné par les arrangements électro, sans pour autant en briser la dynamique. « All is Violent, All is Bright » démarre lentement, le morceau prenant du temps à se construire autour d’une séquence d’accords donnés par la guitare électrique. Jusqu’au moment de l’explosion de sons éthérés et de tambours rapides, le synthétiseur venant enrichir l’ensemble. « Suicide By Star », « When Everything Dies » suivent le même schéma.

Les morceaux du dernier album Epitaph (2018) sont par contre, eux, beaucoup plus tristes et sombres, éloignés des chants célestes. La lumière occupe alors une place centrale, telle la lumière au bout du tunnel ou à l’horizon, permettant de concevoir une porte de sortie à la réalité dure et froide. Le groupe cherche ainsi à diversifier ses compositions, tout en gardant la même ligne claire de guitare éclatante, de piano mélodieux et de batterie tonitruante sur une montée en puissance caractéristique.

Cette note positive à l’ensemble de l’oeuvre artistique du groupe donne de l’enthousiasme pour la suite. Car, globalement, la formule est une peu répétitive et peut tendre à lasser l’auditeur. Finalement, la mélodie cosmique ne varie que rarement dans ses valeurs sonores et ses tempos. Vers la deuxième moitié du concert, le groupe redoublera en intensité et en violence, brisant presque l’invitation à un voyage quasiment philosophique qui nous était donné au début.

Au final, God is an Astronaut offre une performance à la hauteur des espérances de ses fans. Pour autant, l’ensemble reste peu surprenant et nous laisse quelques peu sur notre faim. Une impression de déjà-vu qui risque d’effacer l’enthousiasme ressenti plus tôt dans la soirée.