Originaire de la ville de Grand Rapids dans le Michigan, la Dispute est un groupe américain malgré son nom français que le leader du groupe, Jordan Dreyer admet ne toujours pas savoir prononcer à la « française ».

Les trois premiers morceaux du concert sont exactement les mêmes que ceux de leur nouveau disque « Panorama » paru en mars dernier. Sur « Fulton street », le quintet amorce en douceur le concert avant une suite qu’on imagine bien plus frénétique.

Le public, loin d’être assommé par les températures caniculaires parisiennes semble prêt à en découdre. La bascule intervient sur le titre « Harder harmonies », extrait de leur second et meilleur album « Wildlife ». Les spectateurs massés devant la scène entrent progressivement en transe et le mercure monte encore d’un cran.

Ils enchaînent avec l’explosif « I see everything » qui provoque une succession de pogos dévastateurs dans la fosse, tandis que le reste du public scande avec dévotion et virulence les paroles. Au fur et à mesure que les morceaux se succèdent, Jordan Dreyer se démultiplie sur scène. Il est habité par la musique qu’il répand, tel un prêcheur haranguant ses fidèles. Un prêche qu’il continue entre les morceaux, invitant à faire preuve de tolérance et d’amour envers nos prochains.

« Sad prayers for guilty lovers » et « New storms for older lovers » marquent un retour à leur style originel, un punk post-hardcore où les paroles sont expulsés avec violence par Jordan Dreyer, suivie d’un bref intermède où la colère cède la place à la résignation. La Dispute à toujours su mettre en musique le mal-être inhérent à l’être humain, sans filtre ni concessions, pour un résultant transcendant et curatif.

Plutôt que de briser l’alchimie qui s’est installé avec le public, le groupe saute le rappel et poursuit avec ses derniers morceaux dont le dernier « You and I in unison » qui continue à nous hanter bien après que ses dernières notes aient retentis.