Le soir du 16 décembre, l’Elysée Montmartre accueille un auditoire important venu se réchauffer sur les sonorités ensoleillées de Naâman. Il se laisse d’abord embarquer sur le Black Ship au style plus traditionnel et proche du reggae roots des années 70. Une heure plus tard, le mot de la tournée, “Beyond”, étincelle en surplombant la salle comble pour annoncer l’entrée en scène du chanteur tant attendu.

L’effet est immédiat. Naâman nous submerge de ses “vibes” positives. Ses chansons sont une invitation à oublier la morosité du quotidien et les problèmes. On ne s’y attend pas et cela peut surprendre, le temps de quelques instants, avant d’accepter de vibrer au son de cette légèreté insouciante.

Pour les moins connaisseurs, Naâman se fait d’abord connaître en 2012 par son titre “Skanking Shoes” réalisé en collaboration avec le beatmaker Fatbabs et tiré de sa mixtape Deep Rockers. Le Dieppois connaît rapidement un succès qui le propulse comme l’un des artistes les plus prometteurs de la scène reggae hexagonale. En 2014, il sort son album Deep Rockers Back a Yard avant de partir plusieurs mois en voyage pour l’Inde et le Népal, dont il s’inspirera pour son album “Rays of Resistance”. Enregistré en 2015 avec Fatbabs et le Deep Rockers Crew, il est alors rapidement classé dans le top 5 des albums vendus sur Itunes France. Naâman continue de rebondir sur son succès en nous revenant avec son album “Beyond”, sorti le 6 octobre dernier sur son label indépendant Big Scoop Records.

Dès le départ, “I’m Alright” donne le ton pour la suite du concert. D’une voix puissante, il prêche à la foule le message positif de son album. Car, Naâman, c’est avant tout une pastille anti déprime. Sa force, il la puise directement de la vie, préférant dépasser les obstacles et reconnaître sa chance d’être là.

 

Beyond everything love and faith shall remain forever seen

 

On retrouve avec Naâman, les valeurs du reggae portées sur l’amour et la tolérance. Le message se veut presque spirituel. “Own Yourself” insiste justement sur l’importance de la compréhension de soi dans l’idée de préserver son équilibre personnel:

 

How can you love me, If you don’t love yourself. Love is not to be put on a shelf, Can’t own me, So own yourself

 

Mais, Naâman, c’est aussi un style éclectique lui permettant de diversifier son répertoire. Il passe du reggae plus “classique”, proche du reggae jamaïcain dans “Tomorrow” ou “Plant it over”, à des airs davantage soul et hip-hop dans “Way too long” ou “Diamond and Pearl”, tout en modulant les sons pour y rajouter des touches d’électro comme dans “I Feel Your Soul”.

Naâman, c’est enfin le spectaculaire. Bondissant sur scène au rythme de ses paroles, il ne semble pas capable d’épuisement. On retiendra la performance du violoncelliste, invité parmi sa troupe de musiciens, qui réussit à emporter la salle dans sa transe.

Alors que la fin approche, Naâman descend au milieu de foule, qui dessine un cercle autour de lui. Ensemble, les spectateurs, accroupis au sol, forment une immense communauté, suivant attentivement Naâman du regard au fur et à mesure qu’il leurs demande de se relever. Par cette communion, Naâman est parvenu à créer la proximité avec le public pour lui faire ressentir l’authenticité de sa musique. 

Après plus de deux heures de concert, on réalise que ça fait du bien d’entendre un artiste nous parler de choses simples, mais pourtant essentielles. A la sortie, les paroles de “Beyond” continuent de résonner en nous:

 

Experience’s worth more than gold, 

Cause all those secrets never been told, 

Only your soul that will remain my friend,

So please don’t you hold on to your grave,

Cause the things that are made inna fire gonna return to fire,

Souls that are made inna fire gonna return to fire”.