Dans la splendeur de la grande salle de concert du Grand Rex, les musiciens de Pink Martini se sentent comme chez eux. Emmenés par leur chef d’orchestre, le pianiste Thomas Lauderdale, les natifs de Portland sont de retour une nouvelle fois à Paris, où ils aiment se produire, et qui le leur rend bien.

Après une introduction instrumentale, la foule s’enflamme instantanément à l’arrivé de la chanteuse, la charismatique China Forbes.  Dès que les premières notes s’élèvent de sa gorge, la salle est magnétisée, complètement subjuguée par le timbre ample et mélodieux de la diva.

Pour le 20ème anniversaire de la parution de leur premier album « Sympathique », le groupe a rejoué ses meilleurs morceaux, devenus culte au fil des ans. « Amado Mia » et « ¿Dónde estás, Yolanda? » mettent le feu aux poudres et ravissent les fans de la première heure, venus en nombre, et qui se mettent à danser sur scène et dans les allées.

Réputé pour son éclectisme et sa curiosité musicale, China Forbes entonne un chant traditionnel turc « Askim Bahardi » et invite plusieurs spectateurs à venir à ses côtés. Un beau moment de communion qui annonce les prémisses d’une soirée endiablée.

Le temps d »Exodus », Pink Martini accueille Jimmie Herrod, qui magistralement accompagné par l’orchestre, nous émeut par la beauté de sa voix, envoûtante, à la limite de la cassure et qui s’élève telle une complainte désespérée et magnifique.

Au côté de Thomas Lauderdale toujours impressionnant de justesse, les cuivres et surtout le violoniste Nicholas Crosa se font entendre. Symbole de virtuosité et de complémentarité, l’orchestre de Pink Martini est au sommet de son art et maîtrise son sujet comme jamais après des années à parfaire son alchimie collective.

La soirée se poursuit avec la reprise des titres phares du groupe comme le sublime « Una notte a Napoli » ou  « Hey Eugene ». China Forbes nous interprète aussi plusieurs chansons en français telles que « Je ne veux pas travailler » et « Joli garçon », reprises en cœur par les spectateurs.

En dehors de l’expérience musicale d’une justesse technique parfaite, c’est la fraîcheur du groupe et de ses deux leaders, China Forbes et Thomas Lauderdale, qui achève de nous séduire. Elle ne cesse d’inviter les spectateurs à venir la rejoindre sur scène, tandis qu’il commente les chansons et le concert (en français svp) dans de formidables numéros de stand-up qui provoquent l’hilarité dans la salle.

Le concert se conclut sur le rêveur « Brazil », l’une de leur toute première reprise. Un belle manière de boucler la boucle pour une performance majuscule d’un des groupes les plus talentueux et constants de ses 20 dernières années.