Nous étions au Main Square festival 2015 pour le concert de Oscar & the Wolf.

Slalomant à toute vitesse entre les deux scènes embouteillées de la citadelle d’Arras, je me hâte de rejoindre la scène Greenroom avant le début du prochain concert, où se produit Oscar & the Wolf, groupe d’electropop belge à la notoriété grandissante.

Le groupe, ou plus exactement Max Colombie et sa bande, fait son apparition. Le jeune belge déborde de vitalité. Des mèches rebelles encadrent un visage sur lequel se reflète un sourire pétillant. Côté vestimentaire, lunettes de soleil et pantalon détente. Son look semi-négligé renforce le charme du personnage. Il entame le concert de la même manière que si il jouait dans un bar devant quelques amis (alors que ce sont plus de 10 000 spectateurs qui sont présents sur la Greenroom)

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Aux antipodes des mélodies tristes et nostalgiques de son album, le jeu de scène de Max Colombie regorge de dynamisme. Il magnétise les regards sans donner à aucun moment l’impression d’en faire trop. À la manière d’un James Blake, il expérimente beaucoup tout en gardant un son accessible.

Le morceau « Aistriú » aux confins de la dream pop, balance ses sonorités planantes rehaussées par le timbre aux accents parfois androgynes du jeune chanteur.

Le splendide « Undress » résonne avec force, démarrant tout en finesse sur un rythme tranquille, avant que le jeune belge ne fasse progressivement monté la pression. N’hésitant pas à taquiner les festivaliers, il laisse la foule dans l’attente, avant d’envoyer la sauce avec un « Are you ready to undress », les beats electro se déchaînent et l’artiste se plonge dans une transe qui se propage rapidement à l’ensemble de la foule.

À ce déferlement electro-soul underground succède un titre à la tonalité plus pop-folk, sur lequel il ajuste quelques petits pas de danse que le public accueille avec un œil amusé, avant de se replonger dans la transe électrisante de « Strange entity » .

Bien évidemment, le jeune chanteur passe en revue la majorité de son répertoire (1 album et 2 EP) et l’ensemble manquer d’un brin de variété. Seul réel bémol technique à signaler, l’omniprésence des basses, qui contribue à dénaturer en partie la musique d’Oscar & the Wolf, et tout particulièrement leurs orchestrations (si savamment dosées dans leur album) qui sont reléguées au second plan. Peut-être le prix à payer pour enflammer un live qui gagne en intensité mais qui perd en qualité musicale. Toujours est-il que le groupe belge est l’un des rares à avoir vraiment transcendé l’édition 2015 du Main Square Festival.