La fine équipe de la Concrete, qui règne sur la scène parisienne depuis quelques années, a sorti les armes lourdes pour cette première édition du Weather Summer.

La soirée s’est présentée comme un petit format de leur festival organisé en grandes pompes en juin. 20 heures de musique étaient donc réparties ce samedi entre une scène extérieure et deux hangars.

La pluie s’est chargée de transformer l’espace extérieur en piscine géante, ce qui a donné un côté épique à l’après-midi. Heureusement, les organisateurs avaient prévu le coup et la fosse a rapidement été recouverte de bâches. C’est donc les pieds dans l’eau que la fête a commencé, et ce avec un set du trio ItaloJohnson. Les Berlinois ont récité une partition maîtrisée et efficace, orientée dancefloor. Mais l’ensemble était sans relief et on s’est rapidement mis à s’impatienter pour le live de Barac. C’est cette performance du représentant de la scène techno roumaine qui restera gravée dans nos mémoires. Son live aérien, plein de groove et avec quelques pointes acides nous a sorti de la torpeur dans laquelle nous étions plongés.

La suite des concerts était départagée entre les deux scènes : la première, tournée vers une techno violente et sauvage, la deuxième, plus éclectique musicalement. Les organisateurs avaient opté pour une décoration et des visuels très épurés, maintenant ainsi le son au centre de l’attention. Le public était plongé dans une ambiance ténébreuse et enfumée où les seules lumières de la scène attiraient le regard.

Weather Summer Festival Paris 2015 - SweetLife

Weather Summer 2015 | © SweetLife

On en retiendra l’excellent live des pionniers de l’acid house Phuture. Les DJs de Chicago ont livré une performance parfaite basée sur le mythique synthétiseur Roland TB-303. La performance de Lazare Hoche a été une vraie bouffée d’air au sein cette programmation. Le DJ parisien et patron du label du même nom a assuré un set varié avec des lignes de basse groovy et des parties instrumentales hypnotiques. Levon Vincent était lui aussi impressionnant de maîtrise. Le généreux DJ et producteur américain, qui a par ailleurs sorti un album remarquable cette année, a évolué en puissance tout au long de son set pour nous emmener vers des rythmes techno industriels et irrésistibles.
D’ailleurs, les organisateurs du festival n’ont pas la mémoire courte. Ils n’ont pas oublié les origines du mouvement et n’ont pas hésité à mettre en avant les dignes représentants de la scène de Chicago et de Détroit. Né à Chicago et ayant grandi à Detroit, Delano Smith est de fait le trait d’union de ces deux lieux pionniers. Le DJ nous a livré un live brut et rempli de soul. Enfin, en clôture du festival, on peut dire que Carl Craig ne nous a pas déçus. On a pu retrouver toute l’intensité et la violence des rythmes techno de Détroit. Cela dit, malgré des intonations jazz et soul, on pourrait reprocher à cette légende vivante d’avoir fait un set plutôt classique et de n’avoir pris que très peu de risques.

Au rayon des déceptions, on notera la performance de Tommy Four Seven. Le protégé de Chris Liebing s’est contenté de mixer des tracks sans relief : de quoi rester sur sa faim. On regrette également la programmation d’UVB à 18h. Incapable de s’adapter à sa plage horaire, son set nous a paru beaucoup trop intense pour un début de soirée… En ce qui concerne la proposition de Rebekah, elle a montré qu’appuyer sur l’accélérateur et frapper à tout-va avait peu d’efficacité dans le cadre de ce live de techno industrielle rythmé par le son des Roland 808 et 99. Un peu grossier !

C’est avant tout l’aspect tapageur de la techno qui se trouvait sur le devant de la scène du Weather Summer. Pour ce qui est d’oublier la grisaille parisienne à grands coups de kicks gras et de basses saturées, le pari est réussi !
Tout compte fait, si la qualité du son laissait à désirer de manière générale, on ne peut nier l’excellence de la programmation de la salle 2.

Crédits photos : SweetLife