Dans l’atmosphère surchauffée de la Maroquinerie, Sharon van Etten fait son apparition avec « Jupiter 4 », un des morceaux extrait de son dernier album « Remind me Tomorrow ». Enveloppéed’une nappe de synthés et d’un accompagnement à la basse et à la batterie qui contraste grandement avec ses albums précédents, on est surpris par l’intensité qui s’en dégage. Sharon van Etten se serait-elle transformée en rockeuse ou chanteuse punk depuis la dernière fois qu’on l’a vu?

Après « Comeback kid » et « No one’s easy to love » dans la même veine, la chanteuse originaire du New Jersey revient à ses premiers amours, la musique folk sur le mélancolique « One day », salué comme il se doit par la première des nombreuses ovations qui ponctueront le concert.

A ses côtés, la pianiste et chanteuse Heather Woods Broderick (dont le nouvel album « Invitation » est attendu le 19 avril prochain) accompagne le chant de Sharon van Etten de son timbre clair et délié, le complétant harmonieusement.

Après cet intermède folk, le concert reprend une tournure plus rock avec l’explosif « Malibu » et le pétillant « Seventeen », où Sharon se remémore avec malice ses années adolescentes, un sourire commençant même à éclairer son visage.

L’ambiance (et la température) montent encore d’un cran lorsque Sharon van Etten entonne le transcendant « Every Time the sun comes up », extrait du magnifique album « Are We There » qui l’avait véritablement révélé au grand public en 2014. Les yeux mi-clos, des paroles susurrées, la musique fait son effet.

Dans une ambiance indescriptible, Sharon van Etten nous transporte une dernière fois sur le bouleversant « Our Love », qui agit comme un baume cathartique pour un concert qui nous aura transporté même si on regrette la prédominance des morceaux rocks sur les morceaux folk.