Avec 7 albums à son actif et déjà près de 15 ans de carrière, la suissesse Sophie Hunger s’est constituée un public fidèle, conquis par sa versatilité et la capacité à communiquer ses émotions dans ses chansons.

Pour son retour à Paris, quelques mois seulement après son concert à la Cigale, elle revient avec un nouvel album dans les bacs, le bien-nommé « Molecules ». Plus electro que ses prédécesseurs, on se demandait si ce virage n’allait pas affecter l’alchimie délicate des chansons de la suissesse.

Ses deux premiers morceaux « I opened a bar » et « The actress » nous rassurent immédiatement, les beats lancinants se fonde avec fluidité et n’altère en rien l’harmonie globale. Accompagnée sur certaines sections vocales ou parfois appuyer par un ensemble de chœurs, tout est fait pour donner le champ libre et mettre en valeur la magnifique voix de Sophie Hunger.

« Liquid sea » délivre une vague apaisante et purifiante, qui fait la part belle aux sections instrumentales, le tout enveloppé de nappes electro. L’éclairage de la scène donne une texture presque palpable aux expérimentations du groupe et démontre un véritable travail préparatoire. Assez rare pour être souligné.

Le groupe propose une délicate partition, vivace, recherchée qui nous arrache à nos petits problèmes du quotidien. La chanteuse semble s’éclater sur scène, multiplie les sourires malicieux à destination de ses acolytes et s’emballe sur un solo dément de son batteur. Sa fraîcheur et sa joie d’être là ont tôt fait de contaminer l’ensemble de son groupe et des spectateurs.

Après un intermède en allemand avec l’allègre « Die ganze Welt », la déambulation polyglotte de Sophie Hunger se poursuit avec le frivole mais incisif « Coucou », partiellement chanté en français et qui amuse beaucoup les spectateurs présents dans la salle. Démarrant en douceur à la guitare, Sophie Hunger est progressivement rejointe par les autres instruments et le morceau gagne en puissance sans même qu’on s’en aperçoive.

Retour à l’allemand avec des titres plus anciens comme « Das neue » et « Freiheitsstatue », extraits de son quatrième album « The Danger of Light ». Finalement une version retravaillée de « Le vent nous portera », attendu avec impatience par la majorité des spectateurs surprend, tellement elle semble avoir développé une identité propre comparée à sa version acoustique. Peut-être pour se faire pardonner de cette entorse à son répertoire, Sophie Hunger nous offre un deuxième retour et conclut avec classe un concert de toute beauté.