A l’occasion de la Hungry Party, la soirée qu’organisait Hungry Music à l’Olympia le 15 janvier 2016, Music Sounds Better Live a rencontré N’To, Worakls et Joachim Pastor, le trio fondateur de ce label super friendly.

On les a interrogés sur leur rapport à la scène et sur leur évolution ensemble, et laissez-nous vous dire que jusqu’ici, tout va bien.

Comment va votre label, Hungry Music ? Est-ce que d’autres artistes vous ont rejoints ?

Worakls : On avait eu l’idée du label avec N’To, puis Joachim Pastor s’est greffé au projet. Depuis, on n’a sorti personne d’autre. On est super prudents.
N’To : On ne veut pas forcément signer des morceaux, on veut signer un artiste qui adhère en quelque sorte à notre philosophie, à notre manière d’être. Ce qui nous réunit tous les trois et la raison pour laquelle on a créé ce label, c’est qu’on a senti qu’on avait la même intention : on voulait raconter des histoires dans nos morceaux, y mettre à la fois émotion et mélodie.

D’ailleurs, vous aviez même créé un concept : des notes de l’auteur pour chacun de vos titres !

Worakls : C’est vrai qu’on l’a fait au début mais on a arrêté. On ne crée pas nos morceaux machinalement, on n’est pas des usines, on a toujours des choses à dire alors on les fait parce qu’on a envie de les faire de manière assez précise. Alors pour les artistes avec qui on va travailler, on veut accrocher, être sûrs. Sinon, on peut déjà dire que Stereoclip, un artiste bruxellois, va rejoindre l’équipe. Musicalement et humainement, ça matche. On fonctionne presque à l’amitié, même si la base reste la musique.

En somme, Hungry Music, c’est la famille ?

N’To : Voilà. On signe presque une personne en fait, parce qu’on tourne avec. On veut que les choses se passent naturellement, avec toute l’équipe d’ailleurs.

Vous êtes un peu un ménage à trois maintenant : on vous associe énormément musicalement. Qu’est-ce que chacun de vous apporte de différent ?

N’To : On a nos trois signatures respectives : la musique de Worakls est beaucoup plus épique, orchestrale, proche de la musique de film. Joachim est plus pop, vocal, etc. Et moi j’entremêle énormément de styles, le jazz, le funk…

Vous avez des tactiques pour vous démarquer en live ?

Worakls : Je pense qu’il n’y en a pas besoin, on propose des lives qui sont assez différents, ne serait-ce que par leurs formations.
N’To : Joachim montre sa **** en ombres chinoises parfois (rires).

C’est quoi le principe de la Hungry Party ?

Joachim Pastor : C’est une soirée Hungry Music où l’on joue trois lives solo. Je joue en premier, puis N’To avec Loris, et enfin le Worakls Band. Le final, c’est quand on met nos forces ensemble : en mode megazord, megacombo ! Le fameux ménage à trois.
N’to : Ça nous a pris deux ans de préparer ce moment. On joue deux morceaux de chacun de nous : il a fallu réadapter et réajuster chaque morceau, en fonction des lumières aussi. C’est une facette importante de la soirée car on voulait tous les trois apporter une dimension visuelle à nos lives. Quand on interagit avec nos contrôleurs, ça lance des séquences de lumière. On voulait améliorer l’impact du show.

Hungry Music @ L'Olympia – Behind the Scene #4 > La technique

Voilà la dernière vidéo, pour vous montrer qu'au delà de nos trois artistes préférés il y a une équipe de fourmis qui vous prépare aussi un Olympia mémorable !!

Publiée par Hungry Music sur Mercredi 13 janvier 2016

Dans ce cas, quel est le lieu rêvé pour une Hungry Party ?

N’To : L’Olympia ! On espère qu’on a été à la hauteur du lieu. C’était la première fois pour nous trois, moi c’était même la première fois que je mettais les pieds dans cette salle ! Donc c’était la folie.
Worakls : Il vient de Marseille, ils ont pas Internet là-bas ! (rires)

Hungry Music à l'Olympia

Qu’est-ce que vous ne vous permettriez jamais sur scène ?

Worakls : À peu près tout ce que fait N’To en loge.
N’to : Alors ça, on le publie pas !
Joachim Pastor : Je pense qu’on ne se permettrait jamais de faire du playback.

Et individuellement, vous avez toujours voulu faire du live ?

N’To : C’est une bonne question, moi je ne m’étais jamais dit que je jouerais sur scène, alors quand l’opportunité s’est présentée, ça faisait bizarre. C’est vraiment un métier très différent de la composition, il faut apprendre à jouer, à appréhender le public. Mais c’est aussi super agréable quand tu te sens bien, que tu flottes, que tu te sens transcendé.
Worakls : En ce qui me concerne, je fonctionne plutôt par phases. J’avais le goût de la musique avant de monter sur scène. Et quand j’ai commencé à monter sur scène, j’ai trouvé ça trop cool ! Je peux ressentir ce dont parle N’To, mais comme ça n’a rien de naturel, il m’est arrivé de me sentir très mal, pas à ma place du tout, à cause du trac notamment. Et pourtant, de retour au studio, j’avais de nouveau envie de le faire.
Joachim : Oui, le fait d’être tout seul, avec plein de lumières sur toi, sur une scène de 100m2… En groupe, il y a une complicité, mais quand tu es seul, il y a un peu ce côté « regardez-moi, c’est moi le patron, écoutez mon son » : parfois c’est bizarre, d’autres fois il y a un bon feeling.
Worakls : On est plus producteurs que des bêtes de scène, mais on ne peut pas s’empêcher de vouloir remonter sur scène. C’est très addictif, c’est grisant !

Worakls, qu’est-ce que cela apporte à ton live d’avoir de vrais instruments avec toi ?

Worakls : À la construction, pas grand chose. Ça fait un certain moment que je fais de la musique très orchestrale, c’est ce qui m’a poussé à faire ce projet. Je me suis rendu compte que j’utilisais toujours des violons, du piano, etc, alors j’ai pensé qu’il faudrait les avoir sur scène plutôt que de les envoyer par le biais d’un contrôleur. Je ne suis pas du tout « machines ». Il y a des milliards de possibilités avec des instruments acoustiques. J’apprends à les exploiter au fur et à mesure, je développe des tricks.

Cela change ton rapport au public ?

Worakls : Oui, ça n’a rien à voir ! Quand tu es tout seul derrière ta table et que tu passes un solo de violon, les gens ne sont pas touchés de la même façon. Alors que là, même si mon violoniste est très moche, ils l’adorent quand même (rires) ! Il appréciera, tu peux publier ça ?

Et de manière générale, comment vous pensez vos lives dans une perspective scénique ?

Joachim Pastor : Je pense que le vrai artiste c’est celui qui fait un truc, si ça marche c’est cool, si ça ne marche pas tant pis, mais il fait son truc. C’est au public de le suivre. Mais bien sûr c’est difficile quand tu veux devenir quelqu’un… Il y a toujours une ambiguïté : il ne faut pas faire ce que les gens veulent, mais si tu fais absolument tout ce que tu veux, tu prends le risque d’être tout seul. Parfois, il peut arriver de préparer son live un peu en fonction du public en effet.
N’to : C’est vrai qu’il peut y avoir un petit côté démago, quand tu te rends compte qu’un morceau n’est pas forcément bien passé par exemple.
Worakls : On peut être obligés de couper la poire en deux, mais on change la forme sans changer le fond !

Quel est le morceau que vous préférez jouer sur scène ?

Worakls : « Pendemonium ».
N’To : « Nuit blanche » pour moi !
Joachim Pastor : Pour moi aussi, ou alors « Oulan Bator ».

Votre meilleur concert ?

Worakls : Hans Zimmer !
Joachim Pastor : Sonata Arctica, à l’ancienne.
N’To : Le premier auquel je pense c’est Radiohead.

Selon vous, music sounds better live ?

N’To : Ouais forcément !
Worakls : Pas forcément !
Joachim Pastor : Ça dépend… En live, tu n’as pas forcément un véritable confort d’écoute mais il y a une énergie, on est ensemble, on danse, on a chaud…
N’To : Ah oui, de ce point de vue je crois que ce n’est jamais mieux qu’au casque pour la précision du son !


 

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