Phénomène montant de la scène indé, le jeune prodige belge Tamino est accueilli avec effervescence par la foule massée au sein de la Cigale. Un silence presque religieux accompagnent les premières notes d' »Intervals ».

Accompagné sur scène par ses acolytes, Tamino-Amir Moharam Fouad de son vrai nom charme le public par son français et entame même les premiers couplets de « La Javanaise » pour le plus grand plaisir des spectateurs qui reprennent en cœur. Une relation complice s’installe avec ses fans parisiens qu’il ponctue de remarques savoureuses et naturelles.

Le concert est homogène, les morceaux s’enchaînent avec fluidité, de manière cependant un peu trop automatique. Auteur de son premier album paru en octobre dernier, Tamino nous livre l’ensemble de son répertoire et parvient à nous communiquer des frissons sur les bouleversants « Verses » et « Indigo Night ».

C’est avec la chanson qui l’a fait connaître « Habibi » que le jeune artiste belge enflamme la salle, conquise par le magnétisme et la pureté de sa voix. Un rythme lent, lascif, envoûtant qui vide autant qu’il apaise.

Sa reprise en solo du morceau « Let it happen » du groupe psychédélique australien Tame Impala dévoile une nouvelle facette de son talent. Comme sur « Sun may shine », on croirait entendre un jeune Thom Yorke au début des années 90, nappé dans des sonorités electro légères matinées d’influence orientale.

Un concert maîtrisé bien qu’un peu trop formel pour le jeune premier de la classe. Nul doute que son talent l’emmènera dans des plus grandes salles à l’avenir. Prochaine étape avec un concert programmé à l’Olympia le 19 novembre 2019.