Formé de trois cousins, Stochelo a la guitare, Mozes (qui remplace Nous’che pour la tournée) à la guitare rythmique et Nonnie à la contrebasse, le trio Rosenberg a déjà derrière lui plus de trente années d’activités et de multiples albums et reprises de célèbres morceaux du jazz manouche. Stochelo Rosenberg, le leader du groupe, est considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de jazz manouche actuel, alliant une technique impeccable, une grande élégance et un vibrato très personnel, qui mêle virtuosité et émotion.

Après un faux démarrage dans la bonne humeur lié à une corde cassée, les aléas du live, le concert début réellement sur une reprise de Duke Ellington « Stompin’ at the Savoy », avant de se poursuivre en alternance entre des compositions originales et des reprises de Django Reinhardt ou d’autres. Parmi les morceaux marquants on peut noter « For Sephora », ode d’un amour fraternel, écrite il y a plus de 30 ans pour la sœur de Stochelo ou encore « Manha de carnaval », thème du film de Marcel Camus « Orfeu negro » et qui est considéré comme la chanson ayant popularisée la bossa nova, un croisement brésilien entre la samba et le cool jazz.

Sotchelo Rosenberg impressionne, montant en puissance au fur et à mesure des morceaux. Ses mains semblent tour à tour caresser, harceler, voler sur ses cordes et il réussit des ruptures de rythme parfaites. Cette impression de facilité déconcertante et cette excellence sont la résultat d’une vie passée à s’exercer au service de son art. Son visage, sur lequel il arbore un sourire permanent, démontre son bonheur d’être là, de faire plaisir et de se faire plaisir.

stochelo rosenberg

Au sein d’un public recueilli et franchement admiratif du touché des musiciens, le concert se poursuit, chaque morceau surpassant le précédent en terme de virtuosité rythmique et technique. La reprise du thème de Nino Rota dans le Parrain rencontre un vive enthousiaste avant que les « Yeux Noirs », un autre classique de Django clôturent avec caractère et émotion ce concert.

Souvent présenté comme les héritiers de Django Reinhardt, le Rosenberg Trio a fait honneur à cette réputation flatteuse lors de son passage au Duc des Lombards avec un répertoire incroyablement varié et parfaitement maîtrisé et de nombreuses reprises exécutées impeccablement.