Réputé pour leur kaléidoscopie musicale, le trio Thiefs composé de Christophe Panzani au saxophone, Keith Witty à la contrebasse et de David Frazier Jr. à la batterie, se produisait au Duc des Lombards.

Intitulé « Graft » (la greffe en français), le second album de Christophe Panzani et e atsa troupe est un patchwork musical intrigant, mêlant jazz, hip-hop, electro et slam pour un résultat bouillonnant et foisonnant.

Sortis de leur zone de confort, les spectateurs ne savent pas à quoi s’attendre et l’expérience prend des allures de déambulations sonores et de découvertes. Sur certains morceaux, Edgar Sekloka vient poser ses textes engagés avec un flow rythmé qui culmine sur ce message répété à l’infini « L’identité est un mouvement ». Car Thiefs, avant d’être un projet musical, est avant tout un projet humain et humaniste.

Comme Christophe Panzani l’explique, en cherchant parfois ses mots, leur musique se veut un brassage de musique et d’influences diverses. Sur le morceau « Pas d’ici », le propos prend tout son sens, on a l’impression de voguer aux confins du monde. On est happé par les sonorités electro, les expérimentations à la batterie, la puissance sourde de la contrebasse, Christophe Panzani faisant le lien au saxophone.

Evidemment, certaines expérimentations nous portent moins loin ou ne parviennent pas à nous entraîner, mais qu’importe au fond, l’expérience globale est séduisante.

Loin des concerts parfaitement calibrés ou d’une forme de jazz trop aseptisée, Thiefs propose un son hétérogène et bercé de cultures plurielles, une franche réussite.