Paris est dans les starting blocks depuis plusieurs jours. Les technophiles n’ont plus qu’une seule obsession: « la Weather ».

Jeudi soir, le Weather festival ouvre enfin ses portes pour un Opening qui se déroulera dans la douceur.

A notre grande surprise, personne n’est debout devant la scène où jouent les trois meilleurs amis du Dorian Concept Trio. Mais leurs mélodies printanières résonnent d’un bout à l’autre du festival et font osciller les têtes des tous premiers festivaliers, pour la plupart étendus sur le gazon. Accompagné de Paul Movahedi à la basse et au clavier ainsi que de Clemens Bacher à la batterie, Dorian Concept propose un ménage à trois qui donne le sourire. Impossible de ne pas se trémousser sur « Draft culture », mais il faut attendre l’arrivée d’Omar Souleyman pour que le public se remette sur pieds et témoigne enfin de son excitation.

Le chanteur syrien est acclamé et la foule s’essaye à la danse orientale, à défaut de ne pas pouvoir chanter les paroles…  On se prête au jeu dans la bonne humeur générale. Pourtant, les transitions sont abruptes et le concert, un peu répétitif, a tout de même des airs de spectacle. On est très loin de la performance technique qui va suivre.
L’impatience de tous est sensible devant la scène Hiver où se sont précipités les festivaliers. L’orchestre Lamoureux est déjà installé. En un coup de baguette magique, Dzijan Emin écrit la première page d’un conte de fée de près d’une heure et demie. On ne sait bientôt plus qui des cuivres ou de Derrick May nous vient de Détroit. Les crescendos du Dj sont festifs, les violons planants. C’est un aquarium géant, une bulle de musique. Lorsque les beats de Derrick May ralentissent, deux voix enchanteresses donnent à la scène Hiver des allures de cathédrale. Le piano magique de Francesco Tristano, lui, fait virevolter le public, même si on aurait voulu qu’il soit plus à l’honneur. D’ailleurs, on voudrait que le concert se poursuive, que les baffles tremblent davantage… Mais on s’en va des paillettes dans les yeux, avec la certitude d’avoir vécu un moment de musique un peu lunaire, un peu céleste, tout à fait à part.